Marianne Graff voit la vie en vert

Eglantier, molinie, houblon, chèvrefeuille, cornouiller, pervenche, saule, massette … pétasite, tilleul, lierre, ortie, genêt. Il ne s’agit pas ici d’un traité de botanique. Simplement de quelques-uns des matériaux que Marianne Graff récolte dans la nature pour ses créations.

Marianne est vannière professionnelle. Elle pratique un art ancestral où la patience est primordiale à une époque où tout doit aller très vite. « En vannerie, les artisans sont des hommes âgés ou des femmes jeunes », prévient Marianne. « Et contrairement à l’idée reçue, cette activité ne se limite pas au tressage de paniers en osier ». En pénétrant dans son atelier à Ansart, le visiteur découvre en effet avec étonnement une foison de tiges, fagots, tressages de matières premières dont l’artisane mentionne les noms latins et leur signification avec enthousiasme.
Car les végétaux et elle, c’est une belle et longue histoire. Curieuse de nature, Marianne s’intéresse dès l’enfance à la vannerie en apprenant les techniques d’un ancien du village. Tout naturellement, elle choisit des études qui la mènent à la profession d’horticultrice dans les années 1990. Le déclic pour la vannerie se passe lors d’une visite au Village des Vieux Métiers à Azannes en France. En 2014, Marianne se lance comme indépendante complémentaire avec l’UCM tout en menant parallèlement une activité de salariée en maraîchage. Puis en 2017, c’est l’envol. Elle passe au statut d’indépendante à titre principal pour vivre pleinement sa passion.

Originaire de Tintigny, Marianne a fait de la Gaume son terrain de jeu. A commencer par le nom qu’elle a choisi pour son atelier « Lu Noyan » (« le nid » en patois gaumais). Elle organise des stages et ateliers intergénérationnels, des événements de team building, des initiations en école maternelle, des créations d’œuvres collectives ou imaginaires où tous les publics découvrent la vannerie sauvage sous ses conseils bienveillants et avisés.
Lors de la journée de la mode éthique organisée dans le cadre de la Lux Fashion Week 2017, Marianne fabrique des pièces sur bases de fibres locales, naturelles et durables. Donnant aux mannequins des allures de nymphes sorties des bocages pour l’occasion.

Marianne Graff est généreuse dans son art et collabore aussi régulièrement avec d’autres vanniers comme lors du festival « Saule en vie » à Montquintin. Ou des syndicats d’initiative comme celui de Marbehan pour le festival, « Marbehan, c’est géants » (4,5 et 6 mai prochain).

Marianne a obtenu la reconnaissance légale de l’artisan délivré par le SPF Economie et c’est une grande fierté. « Un clin d’œil à mon Papa, soudeur et habile de ses mains qui nous a quitté en ce début d’année. Il aurait été fier de savoir que je pérennisais un métier et un savoir-faire manuels ».

Marianne Graff en un clin d’œil :

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